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    Divama
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    Le Standard ne s’est toujours pas remis du départ de sa génération dorée

    Le Standard avait reçu, en avril 2015, un véritable uppercut, en perdant en un mois toute l’ossature de son équipe U15, l’une des plus belles générations de son histoire. Si la plupart de ces jeunes n’ont pas (encore ?) réussi, le club liégeois panse toujours ses plaies, souffrant depuis d’un déficit d’image dont il ne parvient pas à se débarrasser.
    Le Standard ne s’est toujours pas remis du départ de sa génération dorée

    Par D.S.
    Le 12/05/2020 à 06:34
    C’était il y a un peu plus de cinq ans, en avril 2015, juste avant la passation de pouvoirs entre Roland Duchâtelet et Bruno Venanzi. Le Standard avait connu un printemps meurtrier, avec un énorme coup dur, sportif et financier, porté à une Académie peu habituée jusque-là à perdre ses plus beaux fleurons. En plus de Nicolas Raskin et Luis Openda, partis respectivement à Anderlecht et Bruges, le club liégeois avait perdu toute l’ossature de son équipe U16 et de ce qu’on appelait sa génération dorée 1999, l’une des plus belles que le matricule 16 ait jamais connue. Celle qui, sous les yeux d’agents qui se bousculaient aux portes de l’Académie, avait été championne de Belgique à plusieurs reprises et avait brillé lors de tournois européens de top niveau. Celle, aussi, qui était appelée à assurer la relève et porter haut les couleurs rouches sur la scène professionnelle.

    Ainsi, coup sur coup, par un effet cascade, une dizaine de joueurs sur lesquels le Standard avait énormément misé avaient quitté les bords de Meuse. Pour l’étranger notamment, à l’instar de Zinho Vanheusden (Inter Milan), Adrien Bongiovanni (Monaco), Thibaud Verlinden (Stoke), Luca Bonanno (Hoffenheim), Ilias Moutha-Sebtaoui (Manchester United) et Anisse Brrou (Roda JC). Derrière eux, d’autres avaient opté pour une autre destination belge : Anderlecht pour Christian Katalay da Silva et Joachim Carcela, Genk pour Hassan Warsama, pour ne citer que ces exemples-là.

    Un manque de stabilité

    Le Standard avait alors payé au prix fort son manque de stabilité et de vision à long terme pour ne percevoir que des indemnités de formation, faisant planer sur un centre de formation jadis réputé un sentiment de fatalisme. « Les enfants étaient des numéros », résument en chœur plusieurs parents qui avaient préféré pour leur progéniture une aventure à l’étranger. « Il n’y avait aucun projet pour eux. Aucune considération non plus. Le Standard n’avait jamais vraiment montré qu’il tenait à eux. On attendait des contrats qu’on a vu beaucoup trop tard, ou pas du tout. Tout cela manquait du plus élémentaire professionnalisme… »

    À l’arrivée, peu ont pourtant réussi. Vanheusden est vite revenu à ses premières amours, Bongiovanni a signé une première saison convenable au CS Bruges avant de disparaître de la circulation et d’être loué à l’AS Béziers en Nationale 1 française (D3), Verlinden tarde à percer en Championship anglaise, Bonanno a rarement porté la saison dernière le maillot du Stade Brainois, Moutha-Sebtaoui a été prêté par Charleroi à Dudelange, où il n’a pas joué, Brrou est toujours à Roda, en Espoirs, Warsama n’a que peu de temps de jeu au RFC Seraing et Katalay évolue en équipe réserve à Saint-Trond.

    L’herbe n’est donc pas toujours plus verte ailleurs. « L’histoire de cette génération dorée doit servir d’exemple », indique Pierre Locht, qui a repris il y a trois ans les rênes de l’Académie. « Ces joueurs auraient-ils mieux réussi s’ils étaient restés au Standard ? On ne le saura jamais, mais force est d’admettre qu’ils sont partis trop jeunes… »

    Certains attendent leur tour

    Cela étant, si ceux qui avaient alors filé à l’étranger n’ont pour la plupart pas (encore) su confirmer leur potentiel, ceux qui étaient restés à Liège n’ont pas davantage percé dans leur club formateur. Nathanaël Frenoy vient de trouver refuge au RFC Liège, Ibrahima Bah se retrouve à l’Union SG après un passage à Ostende, Jérôme Deom évolue au MVV Maastricht après avoir fait illusion durant les Playoffs 2 en 2017 et Lindon Selahi, en fin de contrat, avait débarqué à Twente, où il est devenu un titulaire indiscutable. Quant à William Balikwisha et Geovanni Dianganga, eux aussi membres de cette fameuse équipe, ils attendent leur tour… en espérant qu’il vienne.

    « Si ces joueurs nés en 1999 n’ont pas tous connu la réussite attendue, cet exode massif a fait très mal », reconnaît Pierre Locht. « À partir de ce moment-là, l’Académie s’est repliée sur elle-même, en privilégiant une approche très protectrice… » C’est ainsi que juste avant son départ, Roland Duchâtelet, lassé du va-et-vient des agents sur le site du Sart Tilman, avait décidé de fermer la cafétéria qui surplombait les terrains et d’interdire l’accès au site. C’est ainsi aussi que le Standard rechignait à ce que ses meilleurs jeunes fréquentent les sélections nationales, histoire de ne pas trop les exposer. Si ce n’est plus le cas aujourd’hui, le chemin de la reconstruction est encore long.

    Reginal Goreux va chapeauter le football à onze

    Mis en ligne le 11/05/2020 à 21:41
    Par D.S.

    Depuis l’annonce de sa fin de carrière, intervenue au tout début du mois de janvier, Reginal Goreux a passé le plus clair de son temps à analyser le fonctionnement de l’Académie, pour la rendre la plus optimale et efficace possible.

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    Pur produit du matricule 16, grand connaisseur d’un club dont il connaît les moindres recoins et la mentalité, leader-né capable de diriger une équipe et de fédérer, le Belgo-Haïtien, sur base d’un profil qui n’existait pas, est appelé, à 32 ans, à jouer un rôle majeur au sein d’un centre de formation où il va chapeauter le travail des trois coordinateurs en charge des équipes U13 à U21, Frédéric Lapierre (U13-U14), Geoffrey Valenne (U15-U16) et Joost Hendrick (U18-U21). En expliquant aux parents le projet dont leurs enfants font partie, en faisant appliquer à toutes les formations de jeunes la méthodologie mise en place en 2018-2019 par Michel Preud’homme et Emilio Ferrera ainsi que la même animation de jeu qu’en équipe première (pour faciliter la passage d’une catégorie à l’autre), en s’intéressant aux contenus des séances et à la planification des entraînements et en faisant parler, plus largement, sa propre expérience.

    Ainsi, sur base de ses observations et de ses réflexions, Reginal Goreux a insisté, à titre exemplatif, sur un point précis, qui a été rencontré : dès le début de la saison prochaine, les Espoirs du Standard, qui seront composés essentiellement d’éléments issus de l’équipe des U18, s’entraîneront la plupart du temps en parallèle avec l’effectif professionnel, c’est-à-dire aux mêmes heures et avec une charge de travail quasiment similaire à celle des pros. Une mesure dictée par la volonté de mieux gérer l’un des problèmes auxquels les jeunes se heurtent lorsqu’ils débarquent en équipe A, à savoir l’intensité des séances et l’impact physique à mettre dans les duels.

    «On est aujourd’hui davantage protégés et on est devenus plus réactifs»

    Mis en ligne le 11/05/2020 à 21:17
    Par D.S.

    L’histoire se répète-t-elle ? Comme en 2015, le Standard vient de perdre de nombreux éléments actifs au sein de son équipe U15, l’une de ses meilleures générations avec les U13 et U18, et n’a rien pu faire, plus globalement, pour empêcher plusieurs de ses jeunes d’opter pour La Gantoise ou encore Genk dont la politique de recrutement très agressive ne plaît guère en bord de Meuse. « Il s’agit principalement de joueurs qu’on ne gardait pas ou qui n’auraient pas fait l’objet de nos projets prioritaires s’ils étaient restés », tempère Pierre Locht, qui regrette quand même les départs de Cédric Nuozzi pour Genk et surtout de Thomas Mukendi pour Bruges.

    Une structure différente

    Si la situation est différente, il n’empêche que depuis l’été 2015, le club liégeois court toujours derrière son riche passé, seuls Arnaud Bodart, par un jeu de circonstances, et Dimitri Lavalée, de manière détournée, ayant réussi depuis à gravir les marches menant à l’équipe première. « On est aujourd’hui davantage à l’abri d’un tel pillage », affirme encore Pierre Locht. « Notre position s’est renforcée. Parce que la donne a changé sur le plan réglementaire : on peut faire mettre un jeune sous contrat dès l’âge de 15 ans, en sachant que celui-ci ne pourra partir à l’étranger qu’à 16 ans. Cela nous donne donc un avantage d’un an pour nous engager vis-à-vis de lui ».

    En cinq ans, à l’Académie, beaucoup de choses ont effectivement changé. L’école des jeunes du Standard a ainsi modifié d’importance son organisation et ses structures. Il est fini le temps où l’Académie fonctionnait avec un patron sportif et une kyrielle d’éducateurs. Désormais, ce sont, au niveau du football à onze, trois responsables sportifs qui sont dédiés, chacun, à deux catégories d’âge (U13 et U14, U15 et U16, U18 et U21), avec un staff de deux ou trois entraîneurs, d’un entraîneur des gardiens et d’un préparateur physique. Ce travail par cycles permet, selon Pierre Locht, « d’avoir un meilleur suivi et d’être plus réactif, notamment dans les relations avec les parents ».

    De gros contrats

    Dans la foulée de la perte de cette talentueuse génération 99, le Standard s’était aussi fourvoyé en essayant de compenser ces départs en déliant soudain les cordons de la bourse pour offrir des contrats très (trop) importants à certains jeunes, comme Anaxis Dinsifwa et les frères Patoulidis. « Ce n’était pas la bonne façon de faire », reconnaît Pierre Locht, conscient que La Gantoise, qui avait fait sur ce plan-là des folies avec l’argent de la Ligue des champions, s’en était mordu les doigts. « Il faut rester dans des normes raisonnables. On se situe, sur le plan financier, à peu près au même niveau que Bruges, Genk et Gand mais clairement derrière Anderlecht, parce qu’à cet âge-là, l’argent ne doit pas être l’atout principal… »

    Au-delà de ça, c’est d’un important déficit d’image dont l’Académie liégeoise souffre depuis l’exode massif de 2015. Si, de l’avis général, le travail qui y est effectué est de qualité, tout autant que son organisation, ses équipes, globalement, en manquent. Parce que le Standard parvient difficilement à conserver ses meilleurs éléments, peu enclins à aller au but de leur formation dans un club où il est extrêmement malaisé de percer en équipe première, mais aussi à attirer les meilleurs jeunes du pays, comme c’était le cas il y a une bonne dizaine d’années, lorsque le matricule 16 faisait rêver. Sur les hauteurs du Sart Tilman, l’accent est pourtant mis, aujourd’hui, sur le recrutement, grâce au réseau des clubs partenaires mais aussi à la présence d’une vingtaine de scouts rémunérés qui sillonnent chaque week-end le pays. Mais les terrains de chasse ont changé.

    « Faire venir un top joueur coûte très cher », dit Pierre Locht, qui reconnaît que l’argent n’a pas toujours été investi au meilleur endroit. « Ce n’est plus ce qu’on veut faire. On préfère aller chercher des joueurs qui ressortent à Saint-Trond, à l’Antwerp ou à Virton et ont vraiment envie de venir chez nous et progresser. Comme c’est le cas de notre centre de formation. Des catégories U13 à U21, le Standard a fini, ex aequo avec Genk et Anderlecht, en tête du classement cumulé, ce qui n’était plus arrivé depuis quatre ans… »

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